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Histoire

L'histoire du collège

Au 18ème siècle, à l'emplacement des actuels bâtiments A et bâtiments B se trouvait une maison de force (ou prison).
Puis au 19ème siècle, ces locaux deviennent un asile pour aliénés jusqu'en 1868, date à laquelle fut ouvert l'asile St Luc où les malades seront transférés.

A partir de 1868, les locaux de cours Bosquet seront aménagés pour accueillir le cours primaire supérieur des garçons.
De 1885 à 1921, un cours secondaire de jeunes filles occupe trois salles du rez-de-chaussée du bâtiment B. Ce cours pour jeunes filles connut un vif succès et devint collège moderne en 1921. L'enseignement de cet établissement a suivi l'évolution de l'enseignement secondaire féminin en France : il préparait les jeunes filles au Brevet simple, au Brevet supérieur et au Certificat de fin d'études. Fait exceptionnel, il fut dirigé par une femme malgré un corps professoral essentiellement masculin, le personnel de surveillance étant féminin.
En 1947, la fusion du collège moderne et du collège classique donnera naissance au Lycée de jeunes filles de Pau. Mais ce n'est qu'en 1954, que par arrêté ministériel, il prend le nom de Marguerite de Navarre.

Qui était Marguerite de Navarre ?

Marguerite d'Angoulême, qui deviendra Marguerite de Navarre, est née le 11 avril 1492. Fille de Louise de Savoie et du comte Charles d'Angoulême, sœur aînée de François Ier, elle perd son père alors qu'elle n'a pas quatre ans. Elle se mariera deux fois. Le 1er décembre 1509, elle épouse Charles IV, duc d'Alençon. Elle devient alors duchesse d'Alençon, mais continue de vivre à la Cour, auprès de son frère François. Charles IV décède à Lyon en 1525 la laissant veuve. Deux ans après, le 21 janvier 1527, elle se remarie avec le roi de Navarre, Henri II d'Albret. Par ce second mariage, elle devient donc reine de Navarre. Leur fille Jeanne III d'Albret naît le 7 janvier 1529. À la mort de François Ier, en 1547, Marguerite de Navarre se retire dans le château de Nérac. Elle décède deux années plus tard, le 21 décembre 1549, à Odos, en Bigorre. 

 

Une femme de lettres

Amie des lettres, des sciences et des arts, protectrice des persécutés, proscrits et autres victimes de la Sorbonne, du Parlement et de l'intolérance de l'époque, la reine de Navarre vit arriver auprès d'elle les plus grands esprits de son temps. Ouverte aux idées nouvelles (elle soutint notamment l'université de Bourges où étudiait Calvin), elle joue à la cour de France un rôle politique et moral important : elle protège des écrivains comme Marot ou Rabelais en butte aux poursuites de la Sorbonne. Fascinée par la réflexion religieuse et par l'expérience de la foi, elle est séduite par la pureté du mouvement évangéliste et comprend le zèle spirituel des principes réformateurs. Elle ne devint pas pour autant réformée, conservant jusqu'à sa mort sa fidélité à l'Église catholique.
Marguerite de Navarre professait des idées religieuses fortement teintées par le néoplatonisme tel que Marsile Ficin l'avait développé. Elle croyait à la toute-puissance de l'amour : "Dieu est amour vrayment, et amour Dieu" (épître à l'abbesse de Fontevraud). Elle ne pensait pas que les œuvres pouvaient permettre d'accéder au paradis et elle croyait à la nécessité de la grâce et de la foi ; d'accord avec les réformés, elle pensait que le sacrifice du Christ avait définitivement racheté l'humanité : «Par Christ mourant, la sentence est esteinte.» Elle s'attaqua à la superstition et prônait le mépris des joies terrestres. Son Miroir de l'âme pécheresse, publié anonymement en 1531, fut condamné par la Sorbonne en 1533, ce qui provoqua l'intervention du roi et le bannissement temporaire de Noël Béda, syndic de la Sorbonne ; elle y exprimait en vers, d'une façon très personnelle et éloignée des traités de théologie, ses conceptions religieuses. 
Son œuvre aujourd'hui la plus connue est un recueil de nouvelles l'Heptaméron, publié en 1558-1559. Se proposant d'imiter le Décaméron (1350) de l'Italien Boccace (cent récits répartis sur 10 "journées"), elle n'eut le temps de composer que 72 nouvelles, d'où le titre d'Heptaméron (7 journées de 10 nouvelles, plus 2 nouvelles pour commencer la huitième journée). Ses récits font alterner la galanterie et la violence avec le tragique et l'amour pur. Des commentaires accompagnent chaque récit et mettent en évidence une morale où les jugements du cœur et de la conscience semblent plus importants que ceux de la famille ou de la société. 
Parmi ses autres œuvres on retiendra : 
- Dialogue en forme de vision nocturne, composé vers 1520 après la mort de Charlotte, fille de François Ier ; 
- Les Prisons sur la mort de son premier mari, ouvrage inspiré par la philosophie de Socrate, qui plaide pour la tolérance universelle ; 
- La Navire ou Consolation du roi François Ier à sa sœur Marguerite et Comédie sur le trépas du roi, sur la mort de François Ier. 
- Les Marguerites de la Marguerite des princesses, 1547, recueil de poèmes d'inspiration néoplatonicienne.